Sur les flancs du volcan Rano Raraku, des centaines de Moai n'ont pas eu le temps d'être transportés vers leur plateforme et reposent donc encore ici. Certain d'entre eux, restés dans leur cavité, permettent de comprendre le processus délicat de leur construction :1. Le Moaï est délimité grossièrement dans la roche,
2. Il est taillé autour d'une "quille dorsale" sur laquelle il repose et qui le maintient à la roche,
3. La quille est ensuite éliminée et le Moaï glisse vers le bas du volcan
4. Il est placé dans un fossé du flanc du volcan afin de terminer la taille de son dos...
5. ...et une fois fini, est transporté vers un Ahu, mais il existe cinq théories à ce sujet...

- William Mulloy : Pour lui, la méthode repose sur l'usage de deux grands poteaux unis en V au dessus et attachés au cou du Moaï. Un traîneau incurvé en dôme afin de protéger le ventre de la statue, face sur laquelle il repose, permettant de le faire glisser sur le sol. En bougeant vers l'avant des poteaux et en tirant les cordes, le Moaï pouvait être traîné en profitant du balancement produit...
- Pavel Pavel : Sa théorie s'inspire de la tradition orale qui raconte comment le Moaï marchait jusqu'au lieu de destination. Assurant qu'un Moaï debout est relativement stable par le fait que son centre de gravité est bas, deux corde étaient accrochées de chaque côté du cou permettent de l'incliner sur le côté; ne restent qu'à le faire "marcher" en avançant successivement ses pieds.
- Charles Love : D'après lui, les pascuans mettaient le Moaï sur un traîneau avançant sur des rondins de bois pour faciliter le déplacement.
- Jo Anne Van Tilburg : Théorie combinant celle de Heyrdahl et de Love. Sur un traîneau de troncs d'arbres, le Moaï repose sur le dos ou sur le ventre et avance sur des rondins de bois. Une fois sur la plateforme, le Moaï est relevé en accumulant progressivement des pierres sur la partie frontale jusqu'à son redressement total.
Vous l'aurez compris, le mystère reste entier. Chaque théorie se vaut et reste difficile à valider plus qu'une autre.
Passons maintenant de l'autre côté, il y a tellement de choses à voir et à vous montrer...
Durant la période faste de Rapa Nui, à l'apogée de la construction des Moaï, les habitants n'exerçaient pas toute leur vie le même métier. Chaque année le grand chef de la tribu désignait une activité pour chacun, pêcheur, ouvrier dans la carrière de Moaï, paysan... En conséquence si un ouvrier se trouvait sculpteur dans la carrière de Rano Raraku, il n'avait qu'1 an pour sculpter dans la roche son Moaï. Si au bout d'un an il n'avait pas terminé, son Moaï restait en l'état. C'est pour cela que l'on peut trouver autant de Moaï inachevés et voire même achevés en attente de transport dans la carrière de Rano Raraku.Après avoir mangé pas mal de poussière et bu quelques litres d'eau, nous redescendons de cette belle et enrichissante ballade, direction "l'usine de fabrication" des Pukao (les chapeaux des moaï) :-D
La manière pour poser le Pukao n'est pas claire non plus... Il était peut être attaché sur la tête du Moaï et on relevait le tout ensuite. Ou alors, on profitait de la rampe de pierres accumulées sur le devant du Moaï pour le faire grimper (théorie de Tilburg)... les Pukao pesaient tout de même entre 9 et 12 tonnes mais ouffff ! la majorité des Moaï n'en portaient pas :-) Rendons-nous maintenant sous terre, dans un secteur appelé Roiho...
Une autre excursion, un autre site, encore une autre curiosité...
Cette grosse pierre ronde à la particularité de rendre folle n'importe qu'elle boussole et pour cause... elle contient de la ferrite, une sorte d'aimant naturel !Vient ensuite l'énigmatique AHU VINAPU ! plateforme qui a été elle aussi abattue et peut sembler tout à fait classique lorsqu'on la regarde de devant, mais c'est en allant l'observer par son arrière qu'elle surprend...
Car la plateforme est constituée de gros blocs de pierre parfaitement ajustés rappelant des sites incas du Pérou ou de Colombie comme le célèbre Machu Picchu... (psssiiitt un endroit que le Tahiti' Touv aimerait bien fouler avant son retour en Métropole) en attendant, rien que pour le plaisir des yeux avant que la nuit s'empare de l'île et de ses Moaï...
Le dernier site foulé par le Tahiti'Touv, "le complexe cérémoniel de Tahai" qui se trouve à côté du petit cimetière d'Hanga Roa, sur une pente herbeuse très facile d'accès, est célèbre pour ses couchers de soleil en amoureux.... Ce site constitué de "maisons bateaux", ainsi que de trois plateformes l'Ahu Taha, l'Ahu Vai Uri, est l'un des plus anciens Moaï restaurés. L'Ahu Ko te Riku est le seul Moaï restauré ayant en permanence son Pukao (une reproduction installée à la demande d'un photographe de magazine) avec une reconstitution des yeux (copies plutôt médiocres installées en 1990). Voilà une page pouussiéreuse qui se tourne... prochaine étape : le grand bleuuuuu Pascuan !