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Tahiti
 
France 

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Mercredi 30 janvier 2008
   Le club des sandalettes vous présente :  
Un job "d'été" pas mal du tout !
clic clic sur toutes les photos pour agrandir...

J'en entends déjà certains dire : "Ah, ben c'est pas trop tôt... depuis le temps qu'on lui avait demandé" voilà, ça y est, je me décide enfin à vous expliquer ce que je fais ici... En vérité, plusieurs raisons expliquent mon retard : J'ai enfin pu accéder à mon ordi (pas vrai mon amour ;-) mais surtout, j'ai enfin fait le tour de la question... car j'ai bien été muté ici pour bosser ! (contrairement à ce que certains pourraient penser :-)

Mon poste : adjoint cellule aérienne au COMmandement SUPérieur de Polynésie française. Nous sommes deux sur ce poste (ben oui, il faut bien qu'on puisse prendre des vacances !). Notre rôle, en résumé, est de donner les moyens aux armées et organismes d'état, d'effectuer leurs missions de service public (priorité n°1 depuis cette année) par la planification et le déclenchement des missions aériennes militaires en collaboration avec les escadrons situés ici, l'Escadron de Transport Outre-Mer (les avions CASA, là où bosse Nico ainsi que 2 hélicoptères, un Super-Puma et un Fennec) ainsi que l'aéronavale (les avions Gardian de la 25F et l'Alouette 3 de la 22S).
Les besoins sont exprimés par chaque corps d'armée mais aussi par les mairies des îles via le haut commissariat à la république de Polynésie Française qui les centralise. Les principaux problèmes pour répondre à toutes ces demandes sont liés à l'étendu du territoire polynésien, équivalent en superficie à celle de l'Europe, avec une différence qui a toute son importance : il n'y a que de l'eau entre les îles, donc pas forcément moyen de refaire le plein de nos avions ou de prévoir un terrain de secours. Autre problème, la distance à franchir, réduit considérablement la capacité d'emport des avions ou hélicoptères: plus il y a de poids à transporter, moins on peut aller loin sans faire le plein... et depuis quelques années, la politique étant à l'économie, on essaye d'optimiser les chargements !
 
  
 
 
 





- La surveillance des pêches: il faut savoir que les seules personnes autorisées à pécher en Polynésie sont les polynésiens ! et vu les eaux poissonneuses que l'on trouve ici, cela fait des envieux... le8/12 Aussi, pour essayer de freiner les ardeurs de certains, on fait faire des survols des limites de la ZEE Polynésie (Zone Economique Exclusive) par nos avions, déjà pour se faire voir mais aussi pour essayer d'en attraper un ou deux ! On sait très bien qu'ils viennent pêcher la nuit dans nos zones et qu'au petit matin, retournent en dehors. Pour l'instant, on n'a pas réussi à en prendre un en flag' mais je ne désespère pas ! Pour la plupart, il s'agit de bateaux coréens, chinois et japonais dont je vous laisse apprécier l'état général. Pour dire, ces bateaux sont tellement pourris qu'ils ne verront plus jamais un port de pêche car vu leur état, ils n'auraient pas l'autorisation d'en repartir. En effet, les marins sont relevés sur place via des vedettes plus rapides qui leur amène vivre, eau et relève en hommes, et repartent avec la pêche. le8/12
- La recherche et le secours en mer: Ces derniers temps, ca n'arrête pas ! Des "pêcheurs" partent en mer sans se soucier de connaitre le temps annoncé dans les prochaines heures, ou sans assez de gasoil ! La dernière en date, a été la plus surprenante. 2 jeunes pêcheurs à bord du "Tepura" (petit bateau de 7 m), com plètement paumés dans le Pacifique (ca va, c'est pas trop grand !), passent un appel de secours via leur poste radio (pour une fois qu'un bateau en a un) en gros parce qu'ils ont laissé leur GPS sur le bureau, ne sachant pas s'en servir et n'ayant pas pris le temps de lire la notice. Résultat : après près de 20h de vol de Gardian à leur recherche (pour info, 1h = environ 7000€), on se rend compte qu'au lieu de prendre une direction vers l'Est, ils s'étaient dirigé vers le nord.... no comment. Ils s'en sortent et on peut dire qu'ils ont eu de la chance, mais je ne vous explique pas le coût de l'erreur sachant que cela arrive très souvent :-(


- Les évacuations sanitaires EVASAN : Europ'Assistance, vous connaissez forcément ? Eh bien, nous, on fait la même chose avec nos avions et hélicos, que cela soit au profit de militaires ou de civils. Suite à une alerte qui nous parvient via le ministère de la santé de Polynésie, nous envoyons un appareil chercher le blessé afin de le ramener à Papeete pour qu'il soit hospitalisé sur place ou transporté par, justement, Europ'Assistance (ou équivalent) en Nouvelle-Zélande ou Australie.







- Les Missions dite "Bougainville" (du nom du célèbre navigateur et explorateur français) qui sont à proprement parler les missions de service public. Elles consistent à apporter tous les moyens humains et matériels afin d'aider le gouvernement tahitien à réaliser des travaux dans les différentes îles (construction de route, nettoyage de site...), avec en ce moment un accent plus prononcé sur la lutte contre les 2 véritables fléaux touchant la Polynésie française, à savoir la lutte contre la Petite Fourmi de Feu (cliquez ici ou ici pour en savoir plus) ou le Miconia(voir ici ou ici). 

- Les chantiers de réhabilitation (Reao, Mangareva) effectués par l'armée de terre avec la participation du GSMA,Groupement du Service Militaire Adapté qui est composé de  polynésiens effectuant leur service militaire afin d'éliminer toutes traces du passé se rapprochant de plus ou moins loin de l'époque du CEP, Centre d'Essais du Pacifique (voir l'article de Nico). Des moyens assez lourds sont déployés par air et par mer entre chaque île à réhabiliter. A nous de programmer ces missions en tenant compte de l'avancement des chantiers, des besoins en matériaux et vivres et bien entendu, des relèves du personnel sur place.

- Surveillance atolls de Moruroa et Fangataufa : 2 noms associés au passé nucléaires de la France. Il s'agit des 2 sites où furent déclenchées les multiples explosions atomiques (souterraines ou aériennes). Ces différents tirs qui ont eu lieu sur ces 2 atolls les ont fragilisés. Un jour, peut-être, nous pourrions les voir s'enfoncer dans le Pacifique. Aussi, Le CEA a mis en place un système de détection géophysique extrêmement perfectionné capable de déceler la moindre activité sismique de l'atoll de Moruroa, le système Telsite. Celui-ci assure un suivi géomécanique en continu de l'atoll et permet de connaître en permanence toute évolution géologique susceptible de mettre en jeu la sécurité des personnes se trouvant sur l'atoll. Ce suivi continu est complété par des campagnes quinquennales de relevés topographiques offrant une vue globale de l'évolution morphologique de la surface des 2 atolls pour lesquelles nous participons en fournissant les moyens d'acheminer matériel et personnel.

- Alerte à la population (tsunamis, cyclone) : La plupart des iles sont protégées des tsunamis grâce à leurs ceintures de corail. Cependant, certaines en sont dépourvues (comme les Marquises par exemple). Aussi, le fait de faire partie du réseau de prévention des tsunamis du Pacifique, permettrait, le cas échéant, d'estimer les risques, et de parer à de grosses pertes humaines en alertant les habitants des iles concernées par l'alerte.
Quand aux cyclones, la Polynésie francaise figure parmi les régions du pacifique les moins affectées, mais cela ne signifie pas pour autant qu'elle est épargnée ! En cas d'alerte (déclenchée par Météo-France), nous avons la responsabilité de reboucler tous les acteurs entrant en jeux en matière de sécurité civile afin de limiter la casse. Le dernier passage (en 1997, Arthur et Zita) a  quand même causé la mort de 15 personnes.


- Aide à la police des pêches dans les territoires voisins (iles Cook, Kiribati): Des accords bilatéraux entre la France et divers états ne pouvant pas assurer eux-mêmes la surveillance des pêches ont été passés. Cela consiste en l'allocation d'un nombre d'heure de vol et de mer à leur profit afin de les aider à lutter contre les pêcheurs ne respectant pas  leurs zones de pêches. A nous de planifier ces missions en collaboration avec les différents services de pêches, ambassades et autorités des pays concernés...

- Prises de vue aériennes pour la mise à jour des données géographiques du territoire...

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Plus beaucoup d'autres petites missions qui viennent allonger un peu plus la liste de celles que je viens de citer... et tout ceci sous la climmmm

Alors, qui pense encore que je suis en vacances (non ça c'est pour ma femme !) et que je ne fais rien ici !?!  :-))

Par Lolo - Publié dans : Blogdevie - Voir les 21 commentaires - Ecrire un commentaire
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